lundi 16 octobre 2017

Tu vises 16 ou BYE


Portable vissé du matin au soir, ça s’éveille ça saute dessus, la souris a pas encore avalé son jus que déjà, enchainée, yeux mi-clos à déchiffrer un bout de message stupide et à faire le lien (cerveau en mode OFF) avec la conversation d’hier. Dans le métro – idem – ca pulse dans la poche, le rat tressaille, sort son cerveau portatif et déchiffre, lunettes qui foutent le camp, pas simple on se bouscule alors il joue des coudes et y parvient enfin.

Au taf – idem, l’autre qui y va, 25 LOL cats jour, faut répondre, on est encore dans le bac à sables, ah ah ah qu’il est drôle et que Hop je lui balance un truc qui le fait se gondoler, sauf que j’arrive plus à me concentrer. Ya 5 appli ouvertes, les trois gars à qui je cause, faut faire gaffe a pas se mélanger les pinceaux, avec mes petits secrets cachoteries, que parait que ça se voit sur ma tronche quand je mens et puis je regarde toujours pour voir si le chef, parce qu’ici ils aiment pas trop, me suis pris déjà des réflexions…

Et comme ça tout le temps … Du matin au soir, la vie de con !

Je les revois, deux mômes, dix ans d’âge mental, à chasser les Pokémon avec des rires d’ados attardes de Bretécher, le plus con qui aligne le bien moins con sur son PPDC, dénominateur commun feignasse et fayot et faux derche, résultat abaissement à un point pire que Goldwyn, mon espace devient hyper rien, un petit écran riquiqui, un casque qui isole, dans ma bulle ouh la la j’ai peur du monde je vis tout étroit dans trois fois rien, ma cage de gosse, comme moman qui sait pas tenir une maison, sale, toilettes sales, jeans sales, poussière et acariens, petite bourge gâtée, meubles moches, tout moche et tout sombre chez elle, lit pas fait, le bordel, juste propre sur soi pour l’image, tout juste si on ramasse les miettes à la fin du repas. Moman mal élevée moi pareil !

Ca a fait ce qu’on a dit comme on a dit, le système dit blanc je fais blanc waouh super original passionnant je dis bravo - ça se croit libre mais non, moi au même âge putain la différence déjà 2 ans de taf et pas rien, à fréquenter Sanson ou Aznavour, 2 maitrises, philo lettres avec mention, prems comme toujours, MES choix philo et lettres et des putains de choix qui t apprennent à penser par toi-même et pas à rentrer dans des cadres à la con -  fréquentais que des gens brillants pour apprendre d eux, pas des andouilles et des vieux ratés - déjà des potes enterrés du SIDA, une TS, sauve ma reum d’une autre, conseillé à mon père de prendre ses aises ailleurs, bref à âge égal rien à voir rien à faire, vraiment pas le niveau le mec, ça s’abaisse, ça risque de beaucoup chialer prochainement, ça risque je dis bien, faudra que ça redevienne humble, que ça regrette mais vraiment, alors hop le fond du puits pour ensuite les reflets - que ça se fasse une thérapie et que ça raque pour comme tous les malades de la tête parce que bon, ce qui t est arrivé à moins d’un an et demi coco les autres y peuvent rien, t’es conscient de que dalle mais tu te sabotes avant tout, nous ça va, merci bien, surtout moi d’ailleurs…

Remarque si tu veux continuer à crader tes relations ben reste comme t’es, reste un petit con péteux qui la joue bon camarade et qui ment tout le temps à à peu près tout le monde ! Reste comme ça froid du dedans et t’auras toujours besoin d’une écharpe mon gars !

Tous les abrutis qui l’ont caressé dans le sens du poil : des abrutis, rien à foutre de sa gueule, vous serez pas là, pas à ses côtés, bande de lâches, vous chialerez aussi mais pour vos gueules avec vos Je suis ceci Je suis cela sur vos murs à la con, 40 piges 12 ans d’âge mental zéro potentiel …

Plaindre, consoler, no way, pas de mon niveau, il se demerdera, paiera, réapprendra à donner et à dire merci s’il veut s’en sortir sinon je tire la chasse, ça sera une cause perdue, j’en ai une toute sublime dans le viseur, tu bouges pas ben serre les fesses pour après car ce fut l’apéro gamin …

Quand on est adulte on cède pas à la facilité, aux larmes, au rien, on se met pas au niveau de celui qui est à la fois super en dessous et super immature, on lui dit : tu te tais tu te redresses t agis et tu te bouges, je ferai rien à ta place, je te plaindrai pas, je ferai pas allo papa bobo, tu t’es cru malin tu paies c’est la vie et t apprendras de ça, t inquiètes je t’en rajouterai pas un millimètre, m’en fous des vieux dossiers moi ça va, ça va super bien gamin.


12 tu visais ? T’as eu 4 et encore alors que tu peux avoir 18. Alors 16 du premier coup à l’école de la vie sinon bye.



Hollywood destroy New York City

Ils veulent tuer la littérature !


Dans son ensemble et à quelques exceptions près, la littérature française mise en avant par les anciennes grandes maisons d’édition (anciennes grandes dans le sens : elles n’ont plus de grandes que le nom) est devenue grâce à sa seigneurie BHL (un piètre écrivain et une imposture philosophique) un repaire de bourgeois ego centrés sans imagination aucune, seulement capables tout en se gorgeant de mots prétentieux de parler d’eux, de leurs ex, de leurs racines, de leur tribu, quartier, région et état d’âmes. On s’en fout nénette que tu te sois fait violer par ton père, va voir un psy et tais-toi, ou contente toi de faire ton hystéro chez Ruquier !

Rien sur cette époque, rien sur ces gueux qu’ils méprisent, rien sur la France, rien qu’eux et eux seuls s écoutant écrire avec pompe et rêvant de faire la une et de passer pérorer avec des poses de duchesse à la téloche. Des prétentieux : voilà ce que c’est, et inintéressants au possible, pas étonnant que leurs pensums se vendent si mal et que les gens ne lisent plus.

Le pire c’est leur incapacité à inventer une histoire, je veux dire une vraie, pas une pâle copie de leurs pâles vies. Une intrigue qui entraine et traduise quelque chose, une vision, une émotion, quelque chose de ample qui fasse rêver ou qui fasse voyager. Avec eux c’est le réel chiant tout le temps, avec des phrases à n en plus finir qui ne traduisent que des états d’âme de nantis.

En 2004 Gallimard, oui, l’éditeur de Marcel Proust, se fit remarquer en sortant en grande pompe (c’est le cas de le dire …) Rose Bonbon, un infect et criminel opuscule écrit par un authentique malade : une incitation pure et simple à la pédophilie. Ce jour-là fut un symbole. Pauvre Marcel !

On avait Gide, Malraux, Mauriac, les deux Marguerite, Sartre et Camus, Maurois, Vercors, tant d’autres. On se retrouve avec Angot, Noelle Chatelet et Schmidt. A côté de ça pas la peine de taper sur Levy ou Nottomb, eux ne concourent pas au Goncourt et ne pavanent pas, ils produisent et sont lus, pas ma came mais pas de mépris. Ce sont les paons que je mets à la poubelle, ces citadins bobo de gauche et de droite, ces bourgeoises qui feuillètent BIBA et font leurs chochottes en nous parlant de littérature féminine. Mais relisez Jane Austen, Virginia Woolf, Edith Wharton, Duras ou George Sand ! Jamais vos petits opuscules écrits en police de caractère pour presbytes ne leur arriveront à la cheville ! C’est tout bonnement insignifiant comme vous, et tellement prétentieux.

Lisez Houellebecq (ce soit disant misanthrope, authentique humaniste décrivant les cancers de notre monde finissant) ou Virginie Despentes (cette géniale autodidacte qui dans Vernon Subutex solde 30 ans d’échecs et d égoïsmes sociétaux) si vous voulez lire de la littérature non seulement engagée mais de la littérature tout court. Allez jeter un œil chez les auteurs de SF, chez les petits éditeurs, vers la poésie ou la BD, ici ce ne sont pas les médiocres qui sont mis en avant. BHL a achevé philo et lettres ou du moins a tenté le coup, résultat les gens lisent leurs écrans et les bouquins finissent par centaines au rebus.


Triste… Que d’immenses auteurs avons-nous eu ! Il en existe encore et tant, mais conservés inconnus pour la plupart, censurés via les comités de piston qui font éditer n’importe quel scribouillard de la presse des milliardaires sans même le relire par une clique de pédants sans talents autres que celui de l’autopromotion. Ils finiront tous là où ils n’auraient jamais dû partir : dans le fossé de l’insignifiance.


vendredi 13 octobre 2017

Russophobia

L’URSS-phobie, passe encore : le régime soviétique certes n’était pas un modèle et se solda par ce quo n sait. Mais cette russophobie attisée depuis des années par nos medias et nos gouvernants, couplée à cet alignement idéologique de vassal vis-à-vis des anglo saxons, britanniques comme américains… Niant tant ils sont l’un comme l’autre extrêmes toute notre histoire ! L’Angleterre, la perfide Albion comme l’appelait nos ancêtres … Les USA, ce parc Disney avec son rêve américain que les américains eux-mêmes ne peuvent guère vivre tant l’Elite les en empêche …

Mais surtout, ce rejet, ce mépris, cette détestation des russes, de la Fédération de Russie, de Poutine … Réflexes pavloviens qui nient des siècles d’amitié franco-russe et nous font tels nos trois stupides présidents rejeter de principe tout intérêt pour une grande, une très grande nation a la culture inestimable … Pensez donc, les Ballets du Bolchoï, Dostoïevski, Tolstoï, Tourgueniev, Tarkovski, Eisenstein, et puis la grande, l’immense musique russe, ces palais somptueux, ces steppes, cette immense Sibérie avec ces plaines enneigées, Moscou, Saint Pétersbourg, que connaissons nous de la Russie si ce n’est les clichés perpétrés contre son dirigeant, ce Poutine qu’on nous présente comme un diable, lui qui est de ses concitoyens l’emblème, lui qui a rendu leur dignité aux russes après la désastreuse épopée de Eltsine … 

Héros des BRICS, grand, très grand dirigeant, stratège au sang-froid ne cédant pas aux provocations, athlète, esthète, homme d’une très grande culture, proche du clergé orthodoxe, pas si ferme qu’on nous le présente vis-à-vis des homosexuels mais cherchant à trouver un point d’équilibre avec une population clairement homophobe … Autoriser une Gay Pride avec dans la rue des mecs d’extrême droite homophobes prêts à casser du PD : il faut être un irresponsable pour prendre pareil risque ! Maintenant OK, je ne dis pas, la culture LGBT clairement pas la tasse de thé de Poutine, mais quand je lis sa position sur le sujet je le trouve plutôt équilibré, en tout cas rien dans ses propos ne traduit quelque homophobie – même si on fait tout pour nous le faire accroire. Quant aux journalistes assassines, franchement oui mais on ne fait guère mieux nous-mêmes, Serge Monast, Claire Séverac, ça vous dit quelque chose ?

La Russie n’est ni l’Europe ni les States mais un état souverain avec une mentalité qui n’est pas la nôtre. Foi et matérialisme y cohabitent étrangement comme chez Dostoïevski, les pieds dans la glaise et la tête dans les étoiles … Sans compter que près de 70 ans de communisme puis 10 ans d’oligarques ca a fait de sacrés dégâts… Et voilà qu’on leur impose sous de fallacieux prétextes des sanctions économiques, qui touchent les gens, je veux dire le petit peuple, et nous occidentaux, le gros du troupeau qui assène bêtement ou sans savoir la doxa de ce pauvre Patrick Cohen, on applaudit à ça …

Poutine, s’il n’avait pas été la pauvre Syrie, Dieu du ciel il est intervenu et sur ce dossier crucial il a pris la main et il la tient toujours dans un gant de fer. Grâces lui soient rendues, les chrétiens de la bas lui en sont gré, ainsi que bien des peuples sur cette planète qui eux ne sont ni sous domination ni sous influence américaine.
Je n’en fais pas un saint, son passé au KGB oui je sais, c’est un homme politique, oui, aucun homme politique n’est un ange. Mais dans ce métier désolé je ne vois pas mieux. Fermeté, sang-froid, capacité à dire les choses sans tout dévoiler, peu de langue de bois, face à un parterre de journalistes pas si complaisants que ceux qui vont à l’écuelle de l’Elysée, il se passe toujours quelque chose avec lui dans ses conférences de presse ou quand il prend la parole à l’ONU ou ailleurs, c’est fin, extrêmement bien pensé et formule, il y a du fond, il y a le sens de l’histoire, de la dénonciation des mensonges et puis de l’humour, beaucoup d’humour, et du savoir vivre. C’est sacrement plus élaboré que les guignolades hollywoodiennes d Obama, de Bush Junior ou de la Mère Clinton !

Je suis français, romancier, cinéphile, très grand admirateur de Dostoïevski, des grands auteurs et des grands cinéastes russes. Mes romans, tous mes romans, sont slaves avant tout, tout sauf bourgeois, ils remuent la boue et sont épris de foi. Je connais leur art, leur culture, je ne suis jamais allé encore en Russie, j’en rêve souvent. J’ai envers ce pays et ce peuple un infini respect et je ressens de la honte de l’attitude de ceux qu’on nomme nos élites et nos pantins gouvernementaux. Sarkozy le débutant avec ses droits de l’homme à deux balles (lui, le tueur de Kadhafi et le dépeceur de la Libye…) qui fait au froc en tête à tête avec Poutine, Hollande qui fait son mal élevé quand Poutine vient à Paris inaugurer une église orthodoxe, et puis le petit dernier qui fait son paon à Versailles à un mois de sa prise de poste : guignols tous trois ! Sergueï Lavrov, leur Ministre des Affaires Etrangères depuis des années, quand je vois Kouchner, Fabius, le clown actuel que Macron a mis en laisse qui dit tout et son contraire, et puis le gugusse de Trump, à côté, que des nains, face à un grand diplomate érudit, le dernier en date qu’on avait de ce niveau c’était Roland Dumas et ça date !

Ces odieux media-mensonges assenés au sujet de la Crimée ou de la Géorgie ou de l’Ukraine, faut-il que les français aient perdu toute connaissance de l’Histoire et de la Géographie pour se faire les complices voire les zélateurs de pareille propagande ! Et ces bases américaines qui encerclent la Russie, ces pseudos armes défensives américaines, ce gouvernement ouvertement nazi en Ukraine, cette question du Dombass, mais français avez-vous perdu la tête, ou est votre culture, ou sont les Pokémon ?

Les Saintes Ecritures nous soufflent, cf. Apocalypse de Saint Jean qu’à un moment le Lion Russe, lassé de tant de provocations de l’UE via les USA et Israël, va se réveiller, rugir puis envahir l’Europe. Ce fut écrit il y a plus de deux mille ans, j’ai lu et compris le texte, son sens. L’intérêt européen eut été une alliance entre Allemagne et Russie, économiquement les peuples européens avaient tout à gagner de cette association que les yankees capitalistes redoutent plus que tout. Parce que cette union signifierait fin de l’Empire anglo-saxon. Alors oui, possible qu’après autant de provocations demeurées impunies …

Je revois Fanny Ardant et Gérard Depardieu, le couple du mythique film de François Truffaut La femme d’à côté, tous deux amis de la Russie et connaissant fort bien Poutine … Je me souviens des insultes de ce pauvre Jean-Marc Ayrault envers un de nos plus grands acteurs, un homme qui avec ses vignobles et ses restaurants a fait vivre de nombreuses familles françaises, je réentends les leçons assenées par ces scribouillards salaries des neuf milliardaires de la presse CIA made in France : quelle honte ! Je revois Fanny Ardant, la grande Fanny Ardant sur un plateau de télévision, défendant récemment son film sur Staline, écarter d’un revers de main une question pernicieuse d’un de ces plumitifs voulant la faire parler sur Poutine. La classe, comment elle te l a envoyé paitre l’air de rien, ce nigaud !

La russophobie cumule racisme, ignorance, esprit moutonnier, négation de l’histoire et bêtise géostratégique : du lourd ! Elle nous en coute et risque de nous en couter encore davantage, du seul fait de nos marionnettistes. Quant à moi, sans céder à la fascination, je demeure un ami de ce pays, épris de leur culture et curieux d’y poser un jour plus qu’un pied. Euro-Disney j’ai passé l’âge, par contre Les Frères Karamazov et Stalker




Cartes ILLuminatis Nouvel Ordre Mondial Apocalypse







Jeu de
cartes Illuminati qui date de 1985 et fut commercialisé en 1995. Y sont annoncés :
la mort de Lady Di, le 11 septembre, le Pizzagate, l’abrutissement par les
medias des masses, les théoriciens du complot et leur rejet par les masses
endormies et endoctrinées, les crises énergétiques, en clair TOUT ce qui depuis
s’est produit ou va se produire ces prochaines années. Ce qui bien sur n empêchera
point 9 sur 10 d’entre vous de n y accorder aucune importance !  



Athènes d'hier et d'aujourd'hui (2012)





Sublime Athènes,
berceau de la démocratie, souillée par la démoncratie européenne, les vieux schleu
pétés de thunes et Goldman Sucks … Ami.e.s grec.que.s : je vous aime !
Vous êtes le plus beau pays d’Europe à mes yeux.

50 ans de cinéma SF : Alien de Ridley Scott


Second film du britannique Ridley Scott, ce mythique 8eme passager, Alien, l’étranger – ou l’autre, l’altérité, le monstre de type créature biomécanique, cette chose personnifiant toutes les terreurs depuis l’avènement du cinéma, chose que l’on voit finalement peu, ombre rodant dans les dédales des couloirs de l’immense vaisseau spatial blanc, poulpe sortant du ventre de son hôte humain et se transformant au gré des heures en un gigantesque titan noir à la tête de mort – bref, cet intrus machine qui s’en va de par sa présence seule conduire la seule et unique survivante, la célèbre Ripley, à redevenir animal, à ne compter que sur son instinct, à délimiter son espace de survie en condamnant son espace vital au plus serre. Car la Bête venue de la planète inconnue ou la Compagnie avait envoyé ses cobayes salariés a pris possession, à partir de son éclosion violente, à compter du thorax de John Hurt perfore, de tout l’espace, jusqu’ à se coller, tel le sparadrap du capitaine Haddock, à la capsule ou s’est réfugiée à la fin Sigourney Weaver.

Alien donc – cette Bête quelle est-elle, que signifie ce poulpe qui à peine éclos te saute à la gorge, entre dans tes entrailles, couve quelques heures à étouffer ton cœur puis te déchire de l’intérieur pour ensuite contaminer ton espace de vie et massacrer tout ce qui y vit – sinon l’incarnation du mal, un mal mutant de type machine, comme une excroissance ou un parasite, entre vivant et non vivant, créature extraterrestre ou d’essence humaine (créee par la Compagnie ? ou simplement identifiée par elle ?), car que sait-on dans cette odyssée de la terreur de ce que sait la firme invisible qui a dépêché les sept mercenaires de l’espace (le chiffre sept fait bien évidemment référence à Kurosawa et à Sergio Leone, Alien étant comme une adaptation intergalactique des œuvres de ces deux auteurs) ?
Le deus ex machina renvoie à l’ordinateur tout puissant du 2001 de Kubrick, un ordinateur cette fois silencieux, œil froid du cinéaste qui avec une élégance classique ne perd rien des assauts et des cris de ses passagers, consommateurs un à un consommés par la vorace créature dégoulinante, laquelle s’en va jusqu’ à ne faire qu’une bouchée d’un chat roux. La beauté quasi immobile de ces plans longs ou la camera bouge peu et ou  l’œil, le nôtre, cherche avec Ripley dans les recoins le moindre signe pouvant mettre en évidence la présence malfaisante évoque Fritz Lang et le cinéma allemand expressionniste des années 20, ce cinéma ou l’ombre régnait en maitresse et ou la lumière se faisait rare. Ici la lumière (ces immenses pièces blanches) devient inquiétante, la Bête ne s’y niche point mais reste en embuscade au premier virage, elle se terre dans les conduits d’aération, jusqu’ à rendre l’atmosphère proprement irrespirable.

L’immense talent de Scott provient de sa capacité à nous glacer le sang à partir de trois fois rien, tant il montre peu et suggère par de simples effets de montage, de légers mouvements de caméra, quelques effets sonores avec ces sifflements de soufflerie. Le vaisseau Monde devient comme un ventre maternel infecté, une succession de tuyaux et de boyaux conduisant à un cœur et dont il faut absolument condamner toutes les issues… jusqu’ à se retrouver nez à nez avec le monstre qui te renifle et bave.

Le scénario de Dan O Bannon compte moins que l’art de mettre en scène l’horreur gangrenant l’écran comme la salle ou chaque spectateur ne peut que sursauter en permanence de son fauteuil. L’effet de suffocation est tel que la bête, chacun la fait sienne et craint depuis le confort de l’autre côté de l’écran qu’elle ne lui saute à la gorge. Le processus d’identification joue à plein du fait de l’économie de moyens, de l’absence à l’écran du monstre redouté, de l’ombre sur l’écran comme dans la salle ou le film est projeté. Le mal à proprement parler, c’est à dire l’horreur pure : c’est cela, le huitième passager. Et elle devient du fait de nos propres peurs et de notre propre imagination envahissante.


Sorti triomphalement en 1979 et devenu depuis culte, Alien connaitra 3 suites signées par James Cameron, David Fincher puis Jean-Pierre Jeunet, une franchise dérivée (Alien vs Predator), avant d’être enfin repris en main par son metteur en scène initial à compter de Prometeus – qui sans copier la première série la renouvelle de fond en comble quitte à larguer pas mal des afficionados des premiers films. Il constitue une matrice inégalée du cinéma d’épouvante pur. Mais surtout un support de choix pour exégètes interrogeant la pellicule et se perdant en conjectures sur la signification profonde de l’œuvre. Classique en apparence, celle-ci fit davantage que renouveler un genre, elle créa à compter d’elle au même titre que 2001 l’odyssée de l’espace un véritable seuil dans l’histoire du cinéma. Impossible, après Alien, de continuer à réaliser des films de SF comme avant.